Je ne peux poursuivre ce blog sans faire un intermède sur l’élément le plus important de l’Histoire de l’Égypte :
le Nil!
| Le désert se heurte aux berges verdoyantes du Nil |
Le Nil… ce fleuve mythique à l’origine de tout!
Ok, peut-être pas de tout, mais presque!
Chaque année, vers la même période, le fleuve se gonflait et inondait la vallée et la campagne.
Lorsque l’eau retournait dans son lit, elle laissait derrière elle une riche terre (le limon) idéale pour les cultures. Les Égyptiens désormais sédentaires apprirent à potentialiser la crue du Nil pour leurs récoltes. Ils sont à l’origine des premiers canaux d’irrigation, et on parle d'au moins en 3000 av. J.C.!!!
On vénérait le fleuve et sa crue associés au dieu Hapi, symbole de fertilité. Le jour du début de la crue représentait le Jour de l’An, et une période de rattrapage des travaux manuels puisque l’agriculture était impossible à cette époque de l’année, les terres étant inondées. On associe la construction des pyramides et des temples à ces périodes de l’année. Comme au Québec quand les gars partaient au chantier défricher nos forêts l'hiver, les paysans partaient construire des pyramides et des temples l'été. La main d’œuvre était abondante et de grandes réalisations furent accomplies (les pyramides de Gizeh en sont la preuve!).
| L'heure de la prière, sur le Nil |
La source et la crue du Nil furent longtemps un mystère… Pour les Anciens Égyptiens, la source se situait à Assouan. D’autres s'expliquaient ces phénomènes par une autre divinité : Isis, épouse d’Osiris (assassiné par son frère Seth). Ils étaient dus aux larmes versées par l’épouse en deuil, la déesse mère, pleurant toutes les larmes de son corps la mort de son époux. C’est beau ça!
Un autre mythe était lié à « la nuit de la Goutte ». Les Égyptiens croyaient que pendant une nuit du mois de juin, une goutte tombait dans le Nil et provoquait sa crue.
Depuis, plusieurs expéditions ont été menées pour découvrir la véritable source du Nil. On sait aujourd’hui qu'il a en réalité 2 sources : le lac Tana, en Ethiopie, qui alimente le Nil Bleu, et la chaîne de Rwenzori, à la frontière entre l’Ouganda et la République Démocratique du Congo, qui alimente le Nil Blanc. Les 2 affluents se rencontrent au Soudan pour former le Nil tout court. Cela fait de lui et ses 6 695 km le plus long fleuve au monde, après l’Amazone (6 700 km).
Le Nil, à l’époque des pharaons (et c’est surement vrai encore aujourd’hui), représentait le début et la fin:
les égyptiens naissaient sur les berges du Nil, survivaient grâce à sa crue, se détendaient sur ses rives, se rafraîchissaient dedans, et à leur mort, le fleuve les portaient jusqu’à leur dernière demeure. C'est même son eau qui était utilisée pour l’embaumement.
| Journée lessive sur les bords du Nil |
| Petite pause dans les champs |
| L'heure de la baignade, tout simplement! |
C’est donc grâce à ce fleuve que les Égyptiens vivaient une existence raffinée, construisaient des merveilles et étaient instruits, pendant que des hordes d’hommes des cavernes parcouraient toujours l’Europe avec leurs gourdins et leurs peaux de bêtes!
Aujourd’hui, on contrôle la crue du Nil : des barrages ont été construis au sud d’Assouan. Les ingénieurs ont remplacé les Dieux. Mais l’existence des Égyptiens reste rythmée par l’eau qui passe à Assouan, pour se déverser dans la Méditerranée.
Et pui, que seraient les felouques sans ce fleuve langoureux?
Je vous raconte l’histoire du Nil parce que se retrouver sur ses berges, ça a vraiment quelque chose de mystique...
Il est beau le Nil!
Il est grandiose!
Il est vivant!
Surtout à Assouan et encore plus au moment du coucher du soleil!
Franchement Karyne, tes articles frisent la perfection. C'est vraiment VRAIMENT agréable à lire. On dirait un article de magasine de voyage. L'Égypte t'inspire sérieusement. Bravo!
RépondreSupprimerHélène